En 2016, j'ai couvert "le démantèlement" du camp de réfugiés de Calais : La Jungle. Chaque portrait est cette fois-ci traité comme une image anonyme, qui rend compte de l'impossibilité pour ses populations déplacées d'être régularisées, alors que de son côté l'architecture du camp révèle les habitudes culturelles et les origines des habitants. C'est gens rêvent d'une chose : accéder au Royaume-Uni, qu'ils imaginent comme un Eldorado. Mais cette illusion persistante, empêche ces hommes et ces femmes d'envisager un autre futur, bien que la grande barrière entourant le port fût construite par les Anglais. Cette situation montre l'incapacité des pouvoirs publics Français et Anglais, à intégrer et assimiler ces populations déportées. Malgré des tentatives de destruction du camp tous les 6 mois, le port de calais est quotidiennement pris d'assaut par des migrants. Sans véritable volonté d'accéder à une autre alternative, ces réfugiés deviennent des fantômes aux yeux des populations locales. Ils ne veulent pas être vu pour ne pas être déporté et les habitants les ignorent, afin d'échapper à la problématique de l'insertion de ces populations meurtries par la guerre et l'esclavagisme. Les associations de terrain, délaissées par le pouvoir, opèrent dans l'illégalité et ne subviennent qu'aux besoins de première nécessité. Sans volonté politique forte, la problématique des mouvements des populations persécutées ne fera que s'amplifier et les pays les plus riches continuerons à se cacher la face, laissant sur leur territoire des êtres errants.

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